Santé · Médical

Ménopause et santé sexuelle : ce qui se traite et qu'on n'évoque jamais

La sécheresse et les douleurs après la ménopause sont mécaniques, très fréquentes et efficacement traitables. La majorité des femmes concernées n'en parlent pourtant jamais en consultation.

Un cabinet de consultation avec une fenêtre
Balaji Dutt · CC BY 2.0
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C'est probablement le plus grand écart, en médecine courante, entre ce qui est traitable et ce qui est traité. Le symptôme est très fréquent, le traitement est simple et efficace, et la majorité des femmes concernées n'en parlent jamais.

L'essentiel

La baisse des œstrogènes amincit et assèche la muqueuse : le symptôme est mécanique, pas psychologique. Contrairement à d'autres symptômes de la ménopause, il ne s'améliore pas avec le temps et tend à s'aggraver s'il n'est pas traité. Les traitements locaux à faible dose sont efficaces, et leur profil de risque n'est pas celui d'un traitement hormonal général.

Ce qui change physiquement

La chute des œstrogènes affecte directement les tissus génito-urinaires. La muqueuse devient plus fine, moins élastique et moins lubrifiée, et le pH change, ce qui favorise aussi les infections urinaires à répétition.

Les conséquences habituelles :

  • Sécheresse, constante ou à l'effort
  • Brûlures ou irritation
  • Douleur pendant les rapports
  • Infections urinaires plus fréquentes
  • Besoins urinaires plus pressants

Ces symptômes forment un ensemble cohérent, ce qui explique pourquoi ils apparaissent souvent ensemble et pourquoi un traitement local en améliore fréquemment plusieurs à la fois.

Une pharmacie et ses rayons
sidibousaid60 · CC BY 2.0

Le point qui distingue ce symptôme des autres

C'est la nuance la plus utile de cet article.

Les bouffées de chaleur s'atténuent généralement avec les années. La sécheresse et l'atrophie de la muqueuse, non. Elles sont progressives et s'aggravent en l'absence de traitement.

La conséquence pratique : « attendre que ça passe » est une stratégie qui fonctionne pour certains symptômes de la ménopause et pas pour celui-ci.

Ce qui n'est pas la ménopause

Certains signes ne doivent jamais être mis sur le compte de la ménopause sans avis médical : tout saignement survenant après un an sans règles, un saignement après un rapport, une douleur pelvienne nouvelle, une masse, ou une lésion qui ne guérit pas. Ces situations justifient une consultation, et rapidement — ce sont exactement celles que l'explication « c'est l'âge » fait passer inaperçues.

Ce qui existe comme traitement

Les hydratants et lubrifiants. Sans hormone, disponibles librement. Les lubrifiants agissent sur le moment, les hydratants s'utilisent régulièrement et agissent sur le confort de fond. Souvent suffisants dans les formes légères.

Les traitements œstrogéniques locaux. Crèmes, ovules ou anneau à faible dose. Ils agissent sur place, avec un passage général très limité. C'est la différence essentielle avec un traitement hormonal général, et elle mérite d'être posée clairement en consultation plutôt que supposée.

Le traitement hormonal de la ménopause. Indiqué quand les symptômes sont globaux — bouffées de chaleur, troubles du sommeil, retentissement important. La balance bénéfice-risque dépend de l'âge, de l'ancienneté de la ménopause et des antécédents ; c'est une décision individuelle, pas une règle générale.

La rééducation périnéale. Utile quand s'y associent des fuites urinaires ou une sensation de pesanteur.

Un parc à l'automne
Francesco Gernone · CC BY 2.0

Le désir

Souvent présenté comme une conséquence directe de la ménopause. La réalité est plus indirecte, et plus encourageante.

Quand le désir baisse à cette période, les causes les plus fréquentes sont :

  • La douleur ou l'appréhension de la douleur — la première, et la plus traitable
  • Le mauvais sommeil dû aux bouffées de chaleur nocturnes
  • L'humeur, souvent affectée à cette période
  • Les médicaments, dont le nombre augmente avec l'âge
  • Le contexte de vie, rarement calme à cet âge

Traiter la douleur et le sommeil résout une part importante de ce qui ressemblait à un problème de désir.

Ce qu'on oublie : les infections

Point pratique et régulièrement manqué. Après la ménopause, la contraception n'a plus lieu d'être, et le préservatif disparaît souvent avec elle. Or les infections sexuellement transmissibles ne disparaissent pas avec l'âge, les nouvelles relations après séparation ou veuvage sont fréquentes, et les tests sont beaucoup moins souvent proposés aux femmes de plus de cinquante ans.

Si un dépistage ne vous est pas proposé lors d'une nouvelle relation, demandez-le.

Comment en parler

Trois éléments rendent la consultation utile :

Dites-le au début du rendez-vous, pas au moment de partir.

Nommez les symptômes précisément — sécheresse, brûlure, douleur, urgence urinaire. Le mot « inconfort » seul oriente mal.

Si l'on vous répond que c'est l'âge, demandez un autre avis. Ce n'est pas une réponse médicale : le symptôme a un mécanisme connu et un traitement établi.

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical — voir notre avertissement.

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Questions fréquentes

La sécheresse après la ménopause est-elle inévitable ?

Elle est très fréquente, mais elle n'est pas à subir. Elle résulte de l'amincissement de la muqueuse lié à la baisse des œstrogènes, et les traitements locaux sont efficaces et bien tolérés.

En quoi est-ce différent d'une sécheresse passagère ?

Contrairement à une sécheresse ponctuelle, celle de la ménopause est progressive et ne s'améliore pas seule. Elle a tendance à s'aggraver avec le temps si rien n'est fait, ce qui la rend utile à traiter tôt.

Les traitements locaux comportent-ils les mêmes risques que le traitement hormonal général ?

Non. Les traitements locaux à faible dose agissent sur place avec un passage systémique très faible, et leur profil est différent de celui d'un traitement hormonal général. C'est une question à poser explicitement à votre médecin.

Le désir baisse-t-il forcément à la ménopause ?

Pas nécessairement. Quand il baisse, la cause est souvent indirecte : douleur, mauvais sommeil lié aux bouffées de chaleur, humeur, ou un traitement en cours. Traiter ces causes améliore souvent le désir sans le viser directement.

La contraception reste-t-elle nécessaire pendant la périménopause ?

Oui. Les cycles deviennent irréguliers mais une ovulation reste possible, et la contraception reste recommandée pendant une période après les dernières règles, à préciser avec un médecin.

Sources

  1. Ameli — Ménopause
  2. OMS — Ménopause
Corrections

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